Comment Crire Un Compte Rendu De R Flexion

Tutoriel le compte rendu de 26 jours Bac de votre marché

Stendhal a conscience et la fois de l'injustice faite au peuple et de sa propre impuissance et changer cette situation. D'ou son repli sur les "happy few". Ce qui n'empêche pas dans son oeuvre, l'écrivain de prendre parti, et dans Le Rouge et le Noir de témoigner pour "cette classe de jeunes gens qui, nés dans une classe inférieure et en quelque sorte opprimée par la pauvreté, ont le bonheur de se procurer une bonne éducation et l'audace de se mêler et ce que l'orgueil des gens riches appelle la société".

S'agissant du peuple, il nous livre le fruit de ses réflexions avec un rien de provocation qui cache sans doute une révolte profonde devant l'injustice de l'humaine condition. Oui, il désire passionnément le bonheur du peuple, mais ce serait un supplice de tous les instants que de vivre avec lui. Amer constat d'impuissance mais pourquoi jeter les belles ames et farder la vérité ? Oui, il préfère la compagnie de ceux qui aiment la musique de Mozart et les tragédies de Shakesperare. Comme le dit un de ses héros : "Vivre sans conversation piquante est-ce une vie heureuse ?"

L'horreur du "vague" chez Stendhal nous vaut une analyse singulièrement précise de la monarchie de Juillet. Lucien Leuwen est une des plus violentes critiques, faite par un romancier, de la société dominée par l'argent.

Il s'agit d'une société déterminée, dominée par l'aristocratie financière et une époque elle-même déterminée, celle de Louis-Philippe et de l'hégémonie de cette fraction de la bourgeoisie française dont parle Marx.

Si Julien décide de se vouer au machiavélisme politique pour conquérir les conditions matérielles nécessaires selon lui au développement de "l'homme libre", il refuse en fait de jouer le jeu, et sa sensibilité l'emporte et tout moment sur sa volonté d'hypocrisie.

Au demeurant Stendhal ne veut pas qu'on s'y trompe. Au dénouement du Rouge, l'auteur, comme le choeur dans les tragédies antiques, intervient pour tirer la morale de l'histoire et prendre la défense de son héros : "Il était encore bien jeune, mais, suivant moi, ce fut une belle plante. Au lieu de marcher du tendre au rusé comme la plupart des hommes, l'age leur eût donné la bonté facile et s'attendrir, il se fût guéri d'une méfiance folle... Mais et quoi bon ces vaines prédictions."

Mais d'abord, il faut se souvenir de ce qu'est le peuple au début du XIXe siècle, la misère et laquelle il est réduit, l'éducation dont il est privé, ses intolérables conditions de vie, sa vulnérabilité et la maladie, l'alcoolisme, l'insalubrité de l'habitat ouvrier. Telle est la terrible réalité du moment. Le peuple est alors proche de la vision qu'en donne Hugo dans Les Misérables ou Eugène Sue dans Les Mystères de Paris.

Mais les "happy few", je l'ai déj noté, ne se recrutent pas seulement dans les couches sociales privilégiées ou même parmi ceux, comme Julien, qui ont eu "le bonheur de se procurer une bonne éducation". La véritable noblesse pour Stendhal c'est celle du coeur. Quel est, dans sa jeunesse, l'homme pour lequel il éprouve le plus d'estime ? C'est le valet de chambre de son grand-père.

Le Grenoblois qui lui parat le plus noble ? Un ancien laquais. Avec qui se lie d'amitié le jeune Fabrice au chateau de Grianta ? Avec les hommes d'écurie. Qui est Ferrante Palla, conspirateur et voleur de grand chemin ? "L'homme sublime" de La Chartreuse.

Et lorsque Stendhal déclare abhorrer ce que l'on appelle de son temps "la canaille", ce jugement est singulièrement tempéré par l'admiration qu'il éprouve pendant les trois Glorieuses pour le courage et la grandeur du peuple, "héroque et plein de la plus noble générosité après la bataille".